Quand les “insoumis” défendent… les riches (2/2018)


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PROGRAMME SALARIAL DE LEUR “FRANCE INSOUMISE” POUR LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES DE 2017 :

  • “Augmenter immédiatement le smic net mensuel de 16 % pour le porter à 1326 euros net pour 35 heures”. 1326 euros, c’est 925 euros de moins que le salaire mensuel net moyen à temps plein dans le privé (2250 euros), 560 euros de moins que celui de la fonction publique territoriale (1890 euros) et jusqu’à 1170 euros de moins que dans la fonction publique d’Etat (Insee, 2017 [a], [b], [c] ; L’AEC.fr, 2017 [a]).
  • “Fixer un salaire maximum autorisé pour limiter l’écart de 1 à 20 entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut dans une entreprise”. Hiérarchiser les êtres humains de 1 à 20… Pour 20 classes sociales ? Les soumis à une pyramide de classes sociales restent soumis. N’importe qui respectant le travail d’autrui est en mesure de comprendre qu’à qualité et à temps de travail égaux, on mérite tous le même salaire. Pas les “insoumis” (L’AEC.fr, 2017 [b]).

Prétendre que leur programme salarial respecte la dignité de chaque travailleur est un mensonge qu’un enfant de 10 ans, un minimum informé, pourrait aisément déceler. En fait, il dévalorise une large part de la population via une gradation salariale continuellement glorifiée.

Prenons un exemple. Un ingénieur a souvent pour privilège d’exercer un métier stimulant intellectuellement. Pourquoi devrait-il gagner plus qu’une personne qui récure les chiottes ou diverses saletés publiques du matin au soir ? Pour la frime, pour l’ego ? Vous savez ce qu’il en restera de votre frime et de votre ego au cimetière ? Jaloux qu’un agent d’entretien puisse avoir des vacances et un logement aussi sympas que le vôtre ? Si oui, examinez d’urgence votre conscience, ou bien restez dans votre décrépitude malfaisante… jusqu’au cimetière.

Quoi d’autre de notable dans le programme 2017 des “insoumis” ? Aucun engagement législatif pour diminuer considérablement et redistribuer la part de patrimoine financier, bâti et foncier des riches, celle dont ils n’ont pas besoin pour vivre bien.

Sous un angle socio-environnemental, leur programme énonce : “Protéger les biens communs : l’air, l’eau, l’alimentation, le vivant, la santé, l’énergie, la monnaie ne sont pas des marchandises. Ils doivent être gérés démocratiquement : le droit de propriété doit être soumis à l’intérêt général, la propriété commune protégée et les services publics développés”. Cette “mesure” est un leurre : il ne s’agit en aucun cas d’un engagement législatif pour redistribuer le patrimoine excessif des riches. “La monnaie” évoquée ne désigne pas l’argent accumulé par ces derniers. “L’intérêt général” peut être mis à toutes les sauces, sarkozyste, macroniste, gauche caviar, etc.  Et rien non plus, dans leur programme, sur le patrimoine bâti et foncier détenu par les plus aisées (L’AEC.fr, 2017 [c]).

Pourtant, la France de 2018 traîne son iniquité maniaco-dépressive comme un boulet :

  • “Les 10 % les plus riches détenaient plus de la moitié des richesses nationales”
  • “Les 50 % les plus pauvres se sont partagés seulement 5 % du gâteau” (Oxfam, 2018, p.17)

Soumis à la hiérarchisation salariale des êtres humains et à la sacralité de la propriété privée excessive, les “insoumis” nous proposent une panoplie virtuelle d’antidépresseurs factices.

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Sources

Insee, 2017 [a]. Salaires dans le secteur privé. 22/1/2018.

Insee, 2017 [b]. Les salaires dans la fonction publique de l’Etat. 22/1/2018.

Insee, 2017 [c]. Les salaires dans la fonction publique territoriale. 22/1/2018.

L’AEC.fr, 2017 [a]. Augmenter les salaires. 22/1/2018.

L’AEC.fr, 2017 [b]. Instaurer un salaire maximum autorisé pour les dirigeants d’entreprise. 22/1/2018.

L’AEC.fr, 2017 [c]. La République garante des biens communs. 1/2/2018.

Oxfam, 2018. Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent. 1/2/2018.

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